À propos

Présentation

L’Union des Comores comprend quatre îles situées dans le sud-ouest de l’Océan Indien, dans la partie nord du Canal du Mozambique: Grande Comore, 1.148 km2, Mohéli, 290 km2, Anjouan, 424 km2 et  Mayotte, 370km2. La quatrième île est sous administration française.

 Ces îles, apparues à des périodes géologiques différentes sont isolées les unes des autres par de profondes fosses océaniques de 300 à 4.000 m, ce qui confère à chacune d’elles des caractéristiques biophysiques distinctes. Les conditions écologiques hétérogènes ont résulté en une diversité élevée d’écosystèmes terrestres qui abritent plusieurs espèces endémiques, menacées et migratrices.

Les Comores abritent également des zones humides de superficie importante. La partie émergée de ces Îles est  constituée de sols volcaniques perméables, en grande Comore, des sols argilo-limoneux fertiles d’origine basaltique et un relief très accidenté à Anjouan. Mohéli, le résultat d’un volcanisme plus ancien que les deux autres îles, possède des sols argileux, limoneux, fertiles et souvent imperméables.

Cette mosaïque a permis l’établissement d’une faune diverse, représentée principalement par des espèces rares telles que le Cœlacanthe, les tortues marines, le Dugong, la Roussette de Livingstone, les baleines, les dauphins et d’autres espèces endémiques.

Les Comores présentent également un intérêt paysager exceptionnel et des éléments patrimoniaux d’intérêt culturel et touristique. Cette biodiversité d’exception est aujourd’hui menacée par l’activité humaine. Les écosystèmes terrestres sont soumis à des pressions considérables, les forêts primaires et secondaires régressent à vive allure, les ressources halieutique des eaux comoriennes subissent également une grande pression.

Pour conserver cette biodiversité terrestre et marine d’importance mondiale, l’Union des Comores souhaite établir un Système National des Aires protégées (SNAP) vaste et fonctionnel, qui soit représentatif de la richesse en biodiversité du pays et qui offre des perspectives d’un avenir durable.

Parcs nationaux des Comores est l’agence gouvernementale qui a le mandat de protéger les milieux naturels et habitats importants en gérant l’ensemble des Aires Protégées des Comores d’une grande diversité d’habitats d’importance nationale et internationale.

Historique

Depuis 1994, l’Etat comorien dispose d’une loi cadre relative à l’environnement. Le gouvernement comorien et ses partenaires au développement  souhaitaient mettre en place un Système pour la protection et le développement des aires protégées des Comores. Un système qui garantisse un futur prospère écologiquement et économiquement et qui vise l’établissement d’une relation harmonieuse entre les personnes et leur environnement.

En 2001, l’arrêté ministériel portant protection de la faune et flore sauvages est promulgué. Le premier Parc National de Mohéli est créé également à cette même année et étendu à la zone terrestre en 2015. La mise en place du Parc National de Mohéli est le résultat d’une vision à long terme pour la «  Conservation de la biodiversité et développement durable dans la République Fédérale Islamique des Comores » mis en œuvre entre 1997 et 2002. La vision prévoyait également l’établissement d’un système d’aires protégées de six sites incluant le Parc National de Mohéli.

Depuis 2012, le gouvernement poursuit ses efforts en vue de la mise en œuvre de ce plan. Des initiatives ont permis de progresser vers cette proposition de « vision des aires protégées » pour les Comores.

En 2016, l’Union des Comores à travers le Ministère de l’Environnement, avec l’appui du PNUD et du GEF s’est engagée dans la mise mise en place du réseau national des aires protégées par la création de cinq nouvelles aires protégées et le renforcement du Parc national de Mohéli, premier Parc des Comores.

La vision stratégique pour l’atteinte de cet objectif est de mettre en place un système d’aires protégées qui gère rationnellement 27 % de la superficie du territoire national avec une approche communautaire pour un développement écologique et économique durable, dont l’établissement et la gestion sont appuyés par une nouvelle loi à l’horizon 2021.

 Les  objectifs

Les objectifs d’un système d’aires protégées  sur les trois îles de l’archipel des Comores sont nombreux et variés et comprennent des éléments écologiques, sociaux, économiques et culturels.

C’est le besoin de conjuguer les impératifs de conservation et tenant compte des impératifs de développement social et économique  qui traduit la vision. 5 objectifs ont été donc fixés :

  1. Préserver des écosystèmes importants tout en favorisant l’utilisation viable des ressources, la protection d’espèces et d’habitats ;
  2. Faire découvrir le patrimoine des Comores et de sa biodiversité à et promouvoir l’éducation environnementale;
  3. Valoriser les bonnes pratiques dans le cadre d’une gestion adaptative des ressources induisant un changement de comportement ;
  4. Accroître la mobilisation pour la gestion et à la surveillance des aires protégées, la compréhension et la participation des communautés villageoises locales ;
  5. Développer une démarche participative avec les populations locales pour la mise en œuvre des activités génératrices de revenus, viables et durables ;

 Rôle des communautés villageoises locales

Le rôle des communautés villageoises locales est donc déterminant à la viabilité du réseau d’aires protégées. Véritable instance locale, le comité réunit les associations, les élus locaux, les entreprises de pêches, élevage, artisanat… ulémas, notables et les jeunes. Ils sont acteurs de la gestion et proposent des mesures pour gérer durablement les sites et trouver des solutions adaptées au contexte local. Ces propositions concernent la sensibilisation, la gestion des conflits, la propreté de la mer et des plages, le reboisement et surtout une gestion rationnelle des ressources. Le comité de gestions doit être représentatif afin de favoriser des principes de gestion participative mettant particulièrement en rapport les usagers et les autres membres du comité et créant des articulations entre les impératifs économiques et  les principes de conservation.

Ce modèle de gestion participative privilégiera la conservation, les activités scientifiques et le développement d’activités et usages économiques durables. L’objectif étant d’en faire un modèle de gouvernance active, avec comme principe la participation. C’est ce modèle qui fait le succès du Système National des Aires protégées.